Le Vignoble de Champagne


Délimitée par une loi en 1927, l’aire de production de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) Champagne couvre quelque 34 000 hectares. Située en France à environ 150 kilomètres à l’est de Paris, elle comprend 319 crus (communes) différents dans cinq départements : la Marne (67%), l’Aube (23%), l’Aisne (9%), la Haute-Marne et la Seine-et-Marne.

 Le vignoble est réparti dans 4 grandes régions : la Montagne de Reims, la Vallée de la Marne, la Côte des blancs et la Côte des Bar. Il compte près de 281 000 parcelles dont la superficie moyenne est de 12 ares.

 17 villages bénéficient historiquement de la dénomination « grand cru » et 42 villages de la dénomination « premier cru ».

 Les trois composantes majeures du terroir champenois – climat, sol et sous-sol, relief- créent une combinaison spécifique, une mosaïque de micro-terroirs aux caractéristiques uniques dont le savoir faire des 15 000 vignerons champenois tire le meilleur parti.

Le vignoble champenois est planté entre 90 et 300 mètres d’altitude. C’est un vignoble de coteaux, exposés en grande majorité sud, sud-est et est, dont la moyenne des pentes est de 12% mais certaines peuvent atteindre presque 60%.

 Le terroir champenois est suffisamment escarpé et vallonné pour permettre une bonne insolation de la vigne et sa déclivité facilite l’écoulement des excès d’eau.

1)- La champagne en quelques chiffres :

La Champagne aujourd’hui, c’est :

- 360 millions de bouteilles vendues en 2006, (400 en 2007),

- Un rendement de 12.400 kilos de raisin/hectare,

- 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires,

- 800.000 euros l’hectare de terre en A.O.C.,

- 35.000 hectares de vignobles, dont 32.500 de plantés,

- 5 départements concernés,

- Une seule et unique Appellation,

- Une zone de production modeste et limitée qui n’a guère évoluée depuis 1927,

- 5 grandes régions de production : La vallée de la Marne ; La Montagne de Reims ; La Côte des Blancs ; Les Côtes de Sézanne et Les vignobles de l’Aube (ou Côtes de Bar),

- Un kilo de raisin vendu assez cher pour bien rémunérer les producteurs, 4 à 4,5 euros !

- Des ventes qui augmentent dans le monde entier de façon régulière tout autant qu’en France, (5 % en moyenne par an),

- 200 pays au monde acheteurs de champagne,

- Une image universelle de culture, de fête et de plaisir,

- Une gestion intelligente de l’appellation par l’interprofession champenoise très soudée, (le Comité Interprofessionnel du vin de Champagne, ou CIVC) qui a su maîtriser les rendements et la qualité générale de sa production autant que défendre son image,

- 317 villages unis par la même volonté de se préserver, peut-être bientôt 40 supplémentaires à l’horizon 2015,

- 5000 petits exploitants, qui représentent 1/3 de la production,

- 90% des terres appartenant aux vignerons petits et grands,

- Des vins qui peuvent vieillir plusieurs dizaines d’années dans des grands millésimes !


2)- Le vocabulaire de la Champagne :

Chaque région a son vocabulaire, mais celui de la Champagne est bien spécifique et présente quelques particularités :

- Ainsi, on distingue ainsi 3 « types » de producteurs de vin, en plus des viticulteurs qui cultivent uniquement le raisin et le vendent en grappes. Ce sont : les coopératives ; les champagnes de propriétaires (ou de champagnes de vignerons), et les « Grandes Maisons » ;

- 3 catégories de terroirs avec des grands crus (17 communes concernées) ; et des premiers crus (34 communes) ;

- Une région qui regroupent 3 A.O.C. distinctes : le champagne AOC ; le rosé des Riceys et les vins de coteaux de champagne contrôlés (également appelés coteaux champenois) qui sont des vins dits tranquilles c’est-à-dire non effervescents ;

- 3 cépages « officiels » autorisés (mais nous verrons qu’il y en a d’autres), avec le Chardonnay, le Pinot noir et le Pinot Meunier ; et donc également le Fromenteau, l’Enfumé, le Pinot Blanc et l’Arbane,

- Différentes typologies de champagnes telles que : Le Brut Sans Année (ou BSA) , le champagne millésimé, les « réserves », les grandes cuvées, le Blanc de Blanc, le Blanc de Noir, le Rosé ;

- Des termes techniques propres aux vins effervescents tels que : La prise de mousse, le pointage, le remuage, le dépointage, le dégorgement, le bouchon, le dosage, le muselage, l’assemblage,

- une température de service que certains affirment la bonne entre 6 et 8°C, mais les professionnels estiment qu’elle se situe plutôt entre 10 et 12, voire 14°C pour donner au vin toute son expression,

- Les différentes tailles de bouteilles utilisées en Champagne sont : le Quart (20cl), la demi-bouteille (37,5cl), la bouteille (75cl), le magnum (2 bouteilles ou 1,5l), le jéroboam (4 bouteilles ou 3l), le réhoboam(assez rare qui fait 6 bouteilles ou 4,5l), le mathusalem (8 bouteilles ou 6l), le salmanazar (12 bouteilles ou 9l), le balthazar (16 bouteilles ou 12l), le nabuchodonosor (20 bouteilles ou 15l), le Salomon (24 bouteilles ou 18l), le Primat (36 bouteilles ou 27l), et enfin, très rare, le melchisédech (40 bouteilles ou 30l),

- Le dosage, qui donne au champagne ses types et goûts définitifs, correspond à la quantité de « liqueur d’expédition » constitué de sucre candi ou sucre de canne très pur et de vieux vins de champagne adapté à chaque cuvée et à chaque maison (chacune ayant son secret de fabrication) ; il s’agit donc de la quantité de sucre rajouté qui permet de définir le goût voulu du vin. On trouve ainsi, du plus sucré au moins sucré : le champagne doux (plus de 50g/l), le demi-sec (de 33 à 50g/l), le sec (ou dry, avec de 17 à 35g/l), l’extra dry ( de 12 à 20g/l), le brut ( moins de 15g/l), le brut nature ( moins de 3g/l), l’extra-brut (entre 0 et 6g/l), et enfin les totalement non dosés (ou brut 100% ; brut intégral ; brut sauvage ; ultra brut ; brut 0 ; non dosé ; dosage 0, etc.), ces dosages ayant évolués avec le temps et selon les pays d’exportation, la tendance allant vers les « brut nature »,

- Les vins peuvent être dits « blanc de blancs » et constitués uniquement de cépage blanc (chardonnay), idéal à l’apéritif et sur les entrées ou le poisson ; « blanc de noirs », constitués de raisins à peau noire (pinots), plus robustes, très bien pour des plats tels que les viandes ou le fromage ; les « rosés », parfaits pour l’apéritif ou les desserts, et constitués de vin blanc et vin noir mélangés (ou de raisins blancs et noirs assemblés) ; les « millésimés », qui n’existent que les bonnes années, et le haut du panier avec les « grandes cuvées » de prestige,

- Une cuvée, sans autre distinction est un vin d’assemblage constitué de 75% de blanc de noirs ; un vin non millésimé est constitué d’un mélange de plusieurs années dites normales ; un millésimé est au contraire suffisamment de qualité pour se passer du renfort de vins de réserve,

- Un vin tranquille (blanc ou rouge) est un vin élaboré dans l’aire d’appellation mais il reste non effervescent,

- Des termes tels que : rotopal, champarex, pupimatic ou gyropalette, correspondent à des appareils d’automatisation des manipulations de bouteilles,

- Un placomusophile est un collectionneur des plaques de champagne identifiant chaque producteur,

- Enfin, certaines indications portées sur les étiquettes méritent que l’on s’y intéresse car elles permettent d’identifier l’origine du champagne ;

on trouve 6 identifiants possibles, qui sont :

-  NM pour négociant manipulateur, personne physique ou morale qui achète du raisin, des moûts ou du vin et en assure lui-même l’élaboration dans ses propres locaux ;

-  RM pour récoltant manipulateur, personne qui assure l’élaboration de son propre champagne dans ses locaux et avec les seuls vins issus de sa récolte ;

-  RC pour récoltant coopérateur, qui élabore sa cuvée en coopérative mais en assure seul sa commercialisation ;

_  CM pour coopérative de manipulation qui élabore dans ses locaux un vin provenant des raisins de ses différents adhérents et  le vend sous un nom de marque ;

-  ND pour négociant distributeur, maison qui achète des vins en bouteilles, terminés, et y appose sa propre étiquette ; et

-  MA pour marque auxiliaire, exemple un supermarché qui achète un lot de bouteilles auprès de plusieurs producteurs et y appose une étiquette de sa marque de distribution maison,


3)- Le Champagne à table, pour finir :

Associer le champagne aux mets n’est pas chose facile mais les vrais fautes de goûts sont quand même assez rare. Un repas tout au champagne ?

Pourquoi pas ! Il suffit surtout de respecter quelques règles.

En ce cas, servez un grand champagne et n’en changez plus, vous ne ferez ainsi pas d’erreur ; sinon, procédez comme pour n’importe quel vin, le vin corsé suivra le vin délicat, le vin vieux succédera au vin jeune, le vin doux viendra après le vin sec ;


Prenons quelques exemples :

A l’apéritif : avec des amuse-gueules du genre petites tartes au fromage, fruits secs, toasts au saumon ou au foie gras, boudin blanc, andouillette, saucisson, nous boirons plutôt un Blanc de Blancs assez jeune ;

Sur du caviar, des poissons d’eau douce ou des fruits de mer également ;

Sur des Saint-Jacques ou du homard, un vin plus robuste comme un millésimé ou un blanc de Noirs sera de mise ;

Sur des volailles, un champagne Brut réserve ou Blanc de Noirs restera le meilleur partenaire ;

Sur un plat à base de truffe, un champagne âgé et corsé sera incontournable ;

Sur des viandes blanches, un brut millésimé fera très bien l’affaire.

Avec de la cuisine asiatique, privilégiez un champagne demi-sec pour se fondre avec les alliances sucrées salées ;

Sur des fromages, notamment un coulommiers, un brut réserve sera à la fête (éviter à tous prix les pâtes persillées) ;

Enfin avec les desserts, attention aux plantages !

Pas de chocolat, ce serait une catastrophe ; quant à l’alliance ; préférez un demi-sec, un doux ou un rosé selon ce que vous servirez !

Chapitre Vin -  Club Vinifera

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